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Site bilingue français-néerlandais : comment bien s'y prendre
Quelle adresse pour chaque langue, que traduire, quoi demander à votre webdesigner, où l'IA peut aider : un site pour vos clients francophones et flamands.
Un bon site bilingue fonctionne sur un seul domaine, avec une adresse propre à chaque langue : votreentreprise.be pour le français, votreentreprise.be/nl/ pour le néerlandais. Le choix de langue affiche le nom de la langue, pas un drapeau, et n'envoie personne automatiquement vers une langue. L'IA peut faire la première traduction, mais faites-la relire par quelqu'un qui maîtrise la langue. Cet article a deux parties : ce que vous décidez, et ce que vous demandez à votre webdesigner.
Pourquoi une deuxième langue ?
Près de six Belges sur dix vivent en Flandre : 6,9 millions d'habitants sur 11,9 millions au 1er janvier 2026 (Statbel). Si vous vendez aussi en Flandre, ou à des Flamands de Bruxelles, une grande partie de vos clients lit d'abord le néerlandais. Et l'acheteur en ligne veut des explications dans sa langue : 76 % des acheteurs en ligne préfèrent acheter des produits présentés dans leur langue maternelle, selon une enquête de CSA Research auprès de 8 709 consommateurs de 29 pays (CSA Research). Pour les services aux entreprises, nous n'avons pas trouvé de chiffre public.
Première partie : ce que vous décidez
Êtes-vous obligé d'être bilingue ?
Non, pas pour une entreprise ordinaire. Selon la Constitution, « l'emploi des langues usitées en Belgique est facultatif » ; la loi ne peut le régler que pour les actes de l'autorité publique et les affaires judiciaires (Constitution, art. 30). Les lois linguistiques visent aussi l'enseignement, les relations avec votre personnel et certains documents obligatoires des entreprises ; un commerçant et son client choisissent en principe leur langue (Autorités flamandes, en néerlandais). Une deuxième langue sur votre site est donc un choix. Sauf sur un point : les informations sur les cookies doivent être données dans la langue de votre public (voir plus loin).
Quelles langues, et laquelle sur l'adresse principale ?
Choisissez les langues de vos clients. Pour beaucoup de PME bruxelloises, c'est le français et le néerlandais. Vous travaillez pour des expatriés ou des entreprises internationales ? Ajoutez l'anglais. Chaque langue demande toutefois du travail : traduire, relire, tenir à jour.
Sur l'adresse principale (votreentreprise.be), mettez la langue de la majorité de vos clients, et l'autre langue dans une partie distincte de l'adresse : /nl/ ou /fr/. Vos clients sont partagés moitié-moitié, comme dans beaucoup de bureaux bruxellois ? L'adresse principale peut aussi être une courte page où le visiteur choisit sa langue, avec /fr/ et /nl/ derrière. Cela coûte un clic au visiteur, mais aucune langue ne passe au second plan.
Faut-il tout traduire ?
Pas forcément. Un site néerlandais avec moins de pages, c'est permis : traduisez ce dont vos clients flamands ont besoin, et retirez le reste du menu néerlandais. Ce qu'il vaut mieux éviter, c'est une page à moitié traduite, comme un menu néerlandais au-dessus d'un texte français. Google détermine la langue d'une page d'après le texte visible (Google) : une seule langue par page, donc.
Que traduire, et que garder ?
Sur une page traduite, traduisez tout ce que le visiteur lit, y compris ce qu'on oublie facilement :
les textes, le menu, les boutons et le bas de chaque page ;
le titre et la courte description que Google affiche ;
la description de vos photos pour ceux qui ne les voient pas ;
vos formulaires : les champs, les messages d'erreur et l'e-mail de confirmation ;
la page d'erreur, la bannière cookies et la politique de confidentialité.
À ne pas traduire : vos noms de marque et de produit.
À adapter :
Votre forme juridique : une SRL est une BV en néerlandais, une SA une NV, une SC une CV (Code des sociétés et des associations, art. 1:5).
Vos numéros : votre numéro d'entreprise ne change pas. En néerlandais, on parle d'ondernemingsnummer, et de btw-nummer pour le numéro de TVA.
Les noms de lieux : Gand et Gent, Anvers et Antwerpen, Louvain et Leuven. À Bruxelles, votre rue a deux noms : utilisez le nom néerlandais sur la page néerlandaise.
Qui traduit, et combien ça coûte ?
Vous pouvez traduire vous-même, faire appel à un traducteur, ou laisser l'IA faire une première version que quelqu'un relit. Un traducteur facture en général au mot : demandez un prix pour le nombre de mots de votre site, et pour ce que vous ajouterez plus tard. L'IA traduit en quelques minutes, mais la relecture demande du temps à quelqu'un qui maîtrise la langue.
Google n'a rien contre les textes produits par l'IA, tant qu'ils servent le visiteur (Google). Ce que Google considère comme du spam : traduire automatiquement les textes d'autrui pour produire des pages en masse (Google). Faire traduire et relire vos propres textes n'est pas visé. La personne qui relit vérifie :
Le néerlandais de Belgique. L'IA écrit souvent le néerlandais des Pays-Bas : mobiel là où un Flamand dit gsm, zzp'er là où il écrit zelfstandige.
Le ton. Vous vouvoyez vos clients ? Choisissez aussi une forme en néerlandais (u ou je) et tenez-vous-y partout.
Les modifications. Si vous modifiez un prix ou un horaire en français, modifiez-le aussi en néerlandais.
Que mettre en bas de chaque page ?
Vos mentions légales : votre nom, votre adresse, votre adresse e-mail, votre numéro d'entreprise et, si vous êtes assujetti à la TVA, votre numéro de TVA. Pour une profession réglementée, s'y ajoutent votre organisation professionnelle, votre titre et vos règles professionnelles ; pour un comptable, par exemple, l'ITAA, le titre qu'il vous a accordé et un lien vers les règles de déontologie. Votre site doit donner un accès « facile, direct et permanent » à ces informations (CDE, art. XII.6). La loi ne dit pas dans quelle langue. Mettez-les dans les deux langues : ainsi, chaque client les trouvera.
Pour les informations sur les cookies, l'Autorité de protection des données demande en revanche la langue de votre public : si votre site s'adresse à un public francophone et néerlandophone, vous les donnez en français et en néerlandais (APD). Le RGPD demande une information « en des termes clairs et simples » (RGPD, art. 12) : pour un client flamand, cela veut dire en néerlandais. Vous vendez en ligne ? Indiquez avant la commande les langues dans lesquelles le contrat peut être conclu (CDE, art. XII.7).
Deuxième partie : ce que vous demandez à votre webdesigner
Vous pouvez lui transmettre cette partie telle quelle.
Une adresse propre à chaque langue
Chaque page a sa propre adresse dans chaque langue, et non une seule adresse qui change de langue selon un cookie ou la langue du navigateur. Google le déconseille : Googlebot, le programme qui lit votre site pour Google, vient en général des États-Unis et ne demande aucune langue. S'il voit le français à chaque adresse, votre site néerlandais n'existe pas pour Google. Google déconseille aussi de mettre la langue à la fin de l'adresse (?lang=nl) (Google).
Vous possédez déjà un nom de domaine néerlandais ? Faites-le rediriger définitivement vers votreentreprise.be/nl/. Votre webdesigner appelle cela une redirection 301.
Des adresses traduites
/nl/over-ons fait plus soigné que /nl/a-propos, et l'internaute qui cherche en néerlandais y reconnaît ses propres mots. Évitez les accents (a-propos plutôt que à-propos). Fixez les adresses avant la mise en ligne : si vous les changez ensuite, chaque ancienne adresse doit être redirigée.
Hreflang et x-default
Hreflang, ce sont quelques lignes de code qui indiquent à Google quelles pages sont les mêmes dans une autre langue. Google montre ainsi à chaque internaute la version dans sa langue (Google).
Chaque version renvoie à elle-même et à toutes les autres ; sinon, Google ignore ces lignes.
Les codes sont fr et nl ; pour l'anglais, c'est en. Pas be : c'est le code du biélorusse (ISO 639).
x-default indique la page que Google montre à ceux qui ne parlent aucune de vos langues : votre page de choix de langue, ou votre version anglaise si vous en avez une.
Pas de redirection automatique
N'envoyez personne automatiquement vers une langue selon son navigateur ou son adresse IP. Google le déconseille (Google), et le W3C, qui établit les standards du Web, prévient qu'on ne peut pas deviner la langue d'après la localisation (W3C). Pensez à un client francophone dont l'ordinateur de bureau est réglé en néerlandais ou en anglais : une redirection automatique l'enverrait dans la mauvaise langue.
Un petit message reste possible : « Deze pagina is er ook in het Nederlands ». Et si votre site retient le choix dans un cookie, aucun consentement n'est nécessaire : pour l'APD, un cookie qui conserve temporairement le choix de la langue est strictement nécessaire (voir Bannière cookies obligatoire ?).
Un choix de langue sans drapeaux
Un drapeau représente un pays, pas une langue (W3C). Quel drapeau pour le néerlandais : celui des Pays-Bas, pour un client de Courtrai ? Affichez le nom de la langue dans cette langue (Français, Nederlands, English), sur chaque page, y compris sur GSM. Et restez sur la même page : qui choisit « Nederlands » sur /a-propos arrive sur /nl/over-ons, pas sur la page d'accueil néerlandaise (W3C).
Check-list
Ce que vous décidez :
Quelles langues, et laquelle sur l'adresse principale.
Quelles pages vous traduisez.
Qui traduit et qui relit.
Mentions légales et politique de confidentialité dans chaque langue.
Ce que vous demandez à votre webdesigner :
Une adresse propre et traduite pour chaque langue.
Hreflang dans les deux sens, et un x-default.
Un choix de langue avec le nom des langues, qui reste sur la même page.
Aucune redirection automatique.
Si vous créez vous-même votre site avec un outil comme Wix ou WordPress, c'est en général possible aussi, avec une fonction de traduction ou un plugin : vérifiez les mêmes points. Chez Kintsu, trois langues sont comprises dans le prix, avec des adresses traduites, hreflang, un choix de langue qui reste sur la même page et une vue d'ensemble de ce qui reste à traduire : voir Site bilingue.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 4 novembre 2026.
Google Search Central, Gérer les sites multirégionaux et multilingues
Google Search Central, Versions localisées de vos pages
Google Search Central, Conseils de la recherche Google concernant le contenu généré par l'IA
Google Search Central, Règles concernant le spam dans la recherche sur le Web Google
Library of Congress, Codes ISO 639 des langues
Statbel, Population par région au 1er janvier, 2016 à 2026
CSA Research, Consumers Prefer their Own Language, communiqué du 7 juillet 2020
Autorités flamandes, Taalwetwijzer, Principe van taalvrijheid (en néerlandais)
Autorité de protection des données, Cookies et autres traceurs, mise à jour du 17 novembre 2023
Règlement général sur la protection des données (RGPD), art. 12
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